De mouillère à mare

 

Vue de la maison, en juillet 1988
Les restes des peupliers abattus attendent un hiver de cheminée, les troncs partis en allumettes et boîtes à camembert ;
les moutons commencent à voir leur pâture remise en cause ;
à gauche, le Liquidambar ressemble toujours aussi peu à un arbre malgré ses dix ans,
un peu plus au fond, vers le centre, les Populus alba éclairent un peu le pied de la haie voisine ;
d'autres arbres, nombreux autant que "insignifiants" pour l'instant sont déjà plantés.

La masse vert - sombre, à gauche de la marre juste creusée, illustre bien l'erreur de plantation de rideau en bordure de rivière, même si d'aucun justifierait un désir de rentabilité supplémentaire à terme mesurable :
les racines des peupliers, en croissant, ont soulevé la berge, bloqué les limons de crues, surélevant le bord du terrain, et créant à l'intérieur une poche inculte par retenue artificielle d'humidité.
Ainsi, pour quelques papiers de peuplier, on saccageait des prairies alluviales.
L'herbe, doucement, a laissé la place aux joncs, le bétail s'écartant de ces sols encore un peu plus refroidis pour se tenir en périphérie, sol mieux drainés du haut, ou sablo-limoneux du bord de Vienne.
Par bonheur, deux coups de vent, en 83 et 87 ont hâté le rétablissement d'un paysage plus cohérent.
La réalisation de la mare sur une demi-largeur de terrain dégageait le remblai nécessaire au retour d'une pente naturelle, sans bouleverser le relief global.
La mouillère restante est conservée en l'état pour tenter d'autres acclimatations.
La mare aura le devenir de toute mare, se combler progressivement par envasement naturel, sa végétation évoluant en fonction.

Autre but de la mare, assurer la canalisation en surface des eaux de ruissèlement des terrains du haut, ruissèlement conduit jusque là par les rigoles anciennes. Le sous-sol, à cette place argileux, permettait d'envisager un bon niveau moyen de l'eau, évacuée ensuite en trop-plein vers la rivière. Les peupliers, peu mûrs, ont longtemps freiné les plantations ; celles-ci débutaient malgré tout par l'ouest du terrain, coupant déjà les vents dominants, grâce aux essences indigènes glanées dans les bois environnants : Fraxinus excelsior, Quercus robur, Pinus sylvestris, Acer pseudoplatanus, Alnus glutinosa, Betula verrucosa . . . 

La réalisation de la mare a sans doute marqué le vrai début du Jardin ; cette "masse" fractionnant le carré de départ, et le divisant par ses rigoles de régulation. En fait, les premières Allées étaient tracées, elles étaient d'eau. Limpide !

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