De géologie à pédologie

 


un terrain pour un jardin
les "cabanes du fond du bois" sont déjà là (1980)

- l'ancien potager au nord-est, la "maison mère au centre, et l'ancienne "Auberge de Chassat" à droite

- la bande de joncs entre 2 et 3 (filon d'eau à 7-8m de profondeur)

- entre 3 et 4, la trace des rigoles très anciennes

- 5, le rocher proche éclaircit l'herbe

- 6, l'habitation, à gauche, et les gîtes, à droite représentent la seule zone "constructible, de ce bas, sur arène granitique

- 8, les peupliers sur la berge de la rivière

- 9, et donc la rivière Vienne

 

Les sols de l'arboretum appartiennent à trois groupes :

- la courbe violette représente l'altitude 175 m, la rivière 

- les trois "sommets", la Quintinie (216 m, à l'ouest),  Lascoux (218 m, à l'est) et les Fourches (217 m, au sud) balisent le cours de la Vienne (151 m)

- les sommets de la Quintinie et Lascoux forment à leur rencontre le lit du ruisseau de l'Etang Bouchaud (160 m) qui rejoint celui de la Vienne en amont de l'Arboretum

- la carrière de granit de Mayeras indique clairement la présence proche de la roche primaire ; on rencontre les mêmes affleurements aux 175 m de Lascoux et des Fourche

Il semble naturel que les déblais du Massif Central se soient accumulés entre le lit de la rivière et les sommets de la Quintinie et Lascoux, indépendamment des anciens lits de la rivière ; il est aussi facile d'imaginer que ces déblais ont raviné en "contournant" le massif de la Quintinie
Dans l'hypothèse pédologique de remblais plus anciens, peut-être ces trois "bosses" étaient-elles déjà présentes ?

 

1. creux léger, argile jaune
à l'Est, l'ancien potager, à l'Ouest, le nouveau marécage

2. butte légère, argilo-sableux, petits galets de quartz

3. pente, argile grise
joncs dominants en décomposition donnant une terre "tourbeuse" sur une cinquantaine de centimètres de profondeur

4. pente légère, argilo-sableux à fort mélange de cailloux ; mélange le plus hétérogène

5. pente légère, arène granitique affleurante - melons affleurants ; pente légère d'Est en Ouest

6. palier
pente légère d'Est en Ouest, de sain à argile jaune puis grise d'Est vers Ouest

7. pente, sain
absence d'argile

8. creux, d'argile jaune à bleue, d'Est en Ouest, recouvert de limon à l'extrême Ouest
ancienne cuvette due essentiellement aux anciennes erreurs agricoles de ne laisser qu'un rang d'arbres en bord de rivière

9. palier
limon sable fin argileux sur minimum 2 m de profondeur

10 . lit de la Vienne encombré de rocher de granit, sous la surface à cause de l'écluse du village, quelques uns émergeant en aval

 

L'arboretum du Chêne Vert, à Chabanais, se situe en bordure du massif granitique de Chirac, au contact de gneiss à biotite. La plus grande partie de l'Arboretum occupe un bas de pente d'orientation sud-est au-dessus de la Vienne. Le substratum géologique n'affleure que très localement (fond de vallée, bordure de plateau, souvent sous forme de boules). Comme au Nord-Ouest du Limousin (région de Bellac vers Montmorillon) le substratum est très largement couvert de dépôts de sables et limons argileux issus de l'érosion tertiaire du socle du Massif Central voisin. Ces dépôts constituent la roche-mère des sols. Le reste de l'Arboretum recouvre la plaine alluviale du lit majeur de la Vienne.
Dans la partie médiane de la pente, à la faveur d'affleurements réduits de nature granitique (5), la pelouse se développe sur un sol peu épais, réduit à une seule couche (ou horizon) humifère reposant directement sur la roche. Ce type de sol sur roche acide constitue ce que l'on appelle en pédologie un ranker (dans les mêmes conditions sur roche calcaire on parlerait de rendzine).
La majeure partie des sols de la pente s'est développée sur les épandages sablo-limono-argileux. Les sols sont plus complexes. En raison de leur faible perméabilité la présence de l'eau pendant une grande partie de l'année se traduit par une alternance irrégulière de travées rouilles et grises (les glosses) (1-2). Sous un horizon humifère brun-noirâtre on rencontre parfois une couche essentiellement brune (sol brunifié) et le plus souvent une couche bigarrée de nature glossique pouvant atteindre 80 cm à plus d'un mètre. Dans la zone inférieure de cette couche on note très fréquemment l'individualisation de nodules ferro-manganiques (4). A la base, lorsque la coupe est suffisamment profonde, on trouve la roche-mère (2-5) très altérée lors des périodes géologiques chaudes du tertiaire et fortement colorée en rouille par le fer contenu dans la roche. Ces sols correspondent à ce que l'on appelle des sols bruns plus ou moins lessivés et glossiques avec individualisation du fer, rappelant la formation de couches d'alios.
La plaine alluviale bordant la Vienne, où la roche-mère des sols est meuble et de nature sableuse, est constituée par des sols alluviaux épais (9), évoluant avec l'éloignement de la rivière (8) vers des sols bruns alluviaux à trois horizons épais (50 cm et plus) peu marqués et peu colorés : humifère gris, intermédiaire brun clair et de roche-mère grisâtre.
Comme on peut le constater, la plus grande partie des sols de l'Arboretum est largement indépendant de la nature géologique des roches granitiques en place.

J. P. Verger, ancien Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Limoges Oct. 2006

Observations complémentaires

les 11 sondages ont été effectués en septembre 2006 ; de 1m à 2m de profondeur pour environ 1m de largeur
peu de surprises quand à la qualité du sol et sous-sol supposés ; des mots sont posés
la nappe phréatique se situe à environ 8m de profondeur (5 sondages de puits de 1 à 6)
la "terre" ne dépasse jamais, hors limon 9, une épaisseur de 15cm

Commentaires

- du terrassier, aussi agriculteur local : "c'est le sol le plus pourri de la région"
- du pédologue : ". . . oui . . . pour autre chose que des arbres . . ."
- personnel : "ça va"

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